• Lucien Isnard

Bertrand Piccard, parrain de l’édition 2019 du Raid.

Message de Bertrand Picard aux participants du Raid Latécoère - Aéropostale


Bertrand Piccard, né le 1 er mars 1958 à Lausanne, est un psychiatre et aéronaute suisse. Il a réussi, avec le pilote britannique Brian Jones, le premier tour du monde en ballon (du 1 er au 21 mars 1999) à bord du ballon Breitling Orbiter 3 et a co-développé et co-piloté l'avion solaire Solar Impulse, avec lequel il réalise un tour du monde de mars 2015 à juillet 2016.


Première tentative de tour du monde


En janvier 1997, Bertrand Piccard tente son premier tour du monde en ballon sans escale, à bord du Breitling Orbiter, une rozière comprenant une enveloppe d'air chaud entourant une autre poche de 15 000 m3 d'hélium, tentative qui se solde par un échec après 6 heures de vol seulement, à la suite de fuites de kérosène dans la cabine. Cette fuite de carburant, très incommodante, contraint Piccard et son coéquipier Wim Verstraeten à laisser amerrir leur ballon en Méditerranée au large de Toulon, avec perte de l’enveloppe. Le décollage, déjà, avait failli mal se terminer, le ballon frôlant les peupliers près de la station-service de Château-d'Œx.


Deuxième tentative


Pour sa deuxième tentative, Piccard fait toujours équipe avec Wim Verstraeten mais s'adjoint les services d'un technicien du constructeur anglais Cameron, Andy Elson. Totalement libre de repartir à zéro et riche de sa première expérience, l’équipe décide de construire l'Orbiter II, un ballon plus grand (16 500 m3 d'hélium pour 53 m de hauteur), qui s’envole à nouveau de Château-d’Œx (Préalpes vaudoises), le 28 janvier 1998. Après une fuite d'air à un hublot, acrobatiquement colmatée de l'extérieur par Andy Elson, et un test de pressurisation de la cabine en conditions réelles (à 11 000 m d'altitude et par –50 °C), ils poursuivent leur vol, mais le refus chinois d'autoriser la traversée du territoire sera finalement fatal aux espoirs des aéronautes. Rabattus par un courant d’inversion, les aéronautes vont devoir contourner l'immense territoire chinois, par le sud, à très basse altitude et à 25 km/h, alors qu'un magnifique courant-jet soufflait à 270 km/h entre l’Iran et Pékin. À nouveau contraints de se poser, leur voyage s’est terminé après 10 jours, par un atterrissage en pleine campagne birmane, au milieu des paysans ébahis. Le Breitling Orbiter II n'aura pas fait le tour du monde, mais le trio bat le record de durée d'un engin volant, avec 9 jours 17 heures et 55 minutes pour 8 700 km parcourus.


Troisième tentative


Bertrand Piccard et son équipe décident de faire une troisième tentative et obtiennent la fabrication du Breitling Orbiter III, un ballon encore plus grand (18 500 m3 d'hélium, 55 m), apte à tenir l’air pendant 3 semaines. Piccard décide aussi de changer de coéquipier : il engage tout d'abord Tony Brown, pilote de Concorde chez British Airways. Mais l'aspect relationnel étant très important, il propose finalement à un autre Anglais, Brian Jones, pilote à la Royal Air Force et aéronaute instructeur accompli, de l’accompagner. Pour cette ultime tentative — car il n'y en aurait pas eu d'autre — le lourd réservoir de kérosène est remplacé par 32 bouteilles de gaz propane de 2,35 m de haut, plus aisées à manipuler. Décollage le 1 er mars 1999 à 8 h 05 GMT de Château-d'Oex (Suisse). Atterrissage le 21 mars à 5 heures 52 GMT, en plein désert égyptien, près de l'oasis de Dakhla (70 000 habitants). Guidé par le météorologue Luc Trullemans, le tour du monde est finalement bouclé après avoir volé 19 jours 21 heures et 47 minutes (447 h et 47 min) sur une distance de 45 755 km.


Solar Impulse ː l'avion solaire


En 2003, Bertrand Piccard s'associe avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne et le pilote André Borschberg et développe un projet d'avion solaire. À l'issue d'une conférence à ce sujet, il trouve son premier investisseur, premier d'une longue liste, Semper Gestion, société de gestion financière dirigée par Éric Freymond. En 2004, son projet devient réalité : Solar Impulse, de circumnavigation en planeur solaire. Après cinq essais depuis le lancement du projet, Solar Impulse réussit son premier vol international, de Payerne (en Suisse) à Bruxelles (en Belgique), le 13 mai 2011. Aux commandes du premier prototype, son coéquipier André Borschberg a parcouru 630 kilomètres, en 13 heures de vol, à environ 50 km/h de moyenne et à environ 6 000 pieds d'altitude. Cet avion effectue une traversée des États-Unis du 3 mai au 7 juillet 2013. La deuxième version de Solar Impulse réalise un tour du monde entre mars 2015 et juillet 2016, la traversée du Pacifique représentant le record de vol en solitaire sans ravitaillement ni escale avec 5 jours et 5 nuits pour parcourir 8 900 km. L'ensemble de l'aventure est racontée par Bertrand Piccard et André Borschberg dans le livre Objectif Soleil, publié en février 2017.


Promotion des technologies « propres »


À l'issue du tour du monde, Bertrand Piccard et son coéquipier André Borschberg lancent l'Alliance mondiale pour les technologies propres pour fédérer les acteurs économiques des technologies, des énergies renouvelables et du développement durable. Nommée « Alliance mondiale pour les technologies propres », cette association est officiellement fondée lors de la conférence de Marrakech (COP22) le 22 novembre 2016. En juin 2017, le groupe se nomme « Alliance mondiale des solutions efficientes » quand l'énergéticien Engie annonce la rejoindre à l'occasion du salon Viva Technology. L'objectif est de présenter aux décideurs politiques « 1 000 solutions rentables pour protéger l'environnement » lors de la COP24 de Katowice en 2018. Par ailleurs, il soutient et investit dans la société PrimeEnergy, qui ouvre aux particuliers l'investissement dans des centrales solaires dans différents pays.